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mercredi 30 mars 2016

La nuit, Anna Millbourne, illustré par Simona Dimitri, éditions Usborne, collection Coucou!

Un livre un petit peu fragile pour les petits doigts de mon deuz-ans, mais magnifique sur toute la vie de la nuit.

On soulève les volets pour voir les gens qui dorment, le chien aussi (mais pas le bébé!), dans la boulangerie le pain du lendemain est mélangé, pétri, façonné et cuit... Le conducteur de train conduit et les ouvriers réparent les rails... Dans la nature, les vers luisants luisent et les hiboux s'activent.... Les renards, les souris, les grenouilles vivent leur vie...

De belles illustrations et des volets à soulever très riches pour illustrer que la nuit, la vie ne s'arrête pas... Mais que le lendemain se prépare.

mercredi 23 mars 2016

Les Sauvages, de Mélanie Rutten, aux éditions MeMo


Il y a des jours où la littérature semble vaine, face à la violence physique. Face à la barbarie, à la cruauté, à la bêtise sans limite. Des jours où il nous semble que rien n'a plus de sens, si tout peut s'écrouler comme ça, simplement parce que ça ne plait pas à quelqu'un, à quelqu'un de déséquilibré qui ne tient pas à sa vie, et qui est prêt à la donner pour donner la mort. 
Je me demande, ou pas, où nos sociétés ont failli pour que l'on puisse préférer l'obscurité, la mort, la violence, à notre monde où le soleil brille haut, les oiseaux chantent et les gens savent sourire. Je parais sans doute naïve... La nature ne fait sans doute pas tout... Le bonheur n'est pas à portée de main pour tous... Mais, quand même. Et peut-être que la littérature n'est pas vaine, pas du tout, et que l'éducation des enfants au bonheur, je ne sais pas si ça fait partie des programmes scolaires, mais c'est peut-être le plus important? 

Et dans cette "éducation", dans cette ouverture au bonheur, à la liberté, aux possibles, on peut justement lire le très bel album, un peu mystérieux, de l'auteure belge Mélanie Rutten, Les Sauvages

C'est un drôle de livre et je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, mais à vrai dire... pas besoin de le comprendre avec l'intellect pour le sentir résonner en nous. Et je ne l'ai pas encore lu à mes enfants, je l'ai trouvé hier, justement. 

Mais j'ai été saisie par cette histoire. Au milieu d'un paysage de marécages, deux ombres quittent leur maison en pyjama. C'est la nuit. Les ombres arrivent sur une île abandonnée, elles dansent, elles sautent dans la boue, elle s'éclaboussent. Puis a lieu la traversée, la traversée d'un tronc d'arbre mort, et de l'autre côté, les ombres arrivent dans une clairière où les attendent "les autres". Les autres sauvages: celui qui pensait toujours aux autres, celui qui veillait à dormir et manger, celui qui rêvait, celui qui s'occupait de grandir. Et là dans la clairière, cette nuit-là qui était leur nuit, tout était possible. On faisait une cabane, on faisait des expériences, on grandissait. On invite la peur pour l'apprivoiser. Jusqu'à l'arrivée du jour, et au rêve de partir vraiment. 

Dans ce livre dédiée "aux promesses de l'aube", les enfants font l'expérience de la nuit, celle où les "sauvages" apparaissent, qui se taisent à la lumière du jour. La nuit les identités peuvent s'échanger, on joue, on grandit en affrontant ses peurs. Les images reflètent ces hésitations, les ombres, les lumières, la bougie. La végétation s'entremêle. 

lundi 14 mars 2016

Soir - d'Uri Shulevitz, édition: kaléidoscope

Je suis sans doute un peu en retard sur cet album-là...car il se termine sur les lumières des fêtes de fin d'année... ;-) mais qu'importe, ce n'est pas tant ces illustrations de sapins qui m'ont fait craquer sur ce livre, c'est surtout les premières pages du livre, sa couverture, ses couleurs... Les rayons du soleil sur les maisons, le halo de lumière des réverbères et le reflet des devantures sur le trottoir... 

C'est le crépuscule, un petit garçon, son grand-père et son chien partent se promener. Ils sont à New York. Le soleil se couche, "il s'en va" comme dit le garçon, il trouve ça triste. Et petit à petit (comme on est à New York), les lumières s'allument. La journée et termine et la plupart des gens rentre chez eux (quelques personnages cocasses aux paroles rythmées et soignées, d'ailleurs les textes les plus longs de l'albums). Les réverbères, les fenêtres, les devantures s'allument... jusqu'à ce que la nuit disparaissent, car, dans "a city that never sleeps", la nuit est claire comme en plein jour! La ville et ses maisons/immeubles biscornus et géométriques prennent vie.

Le texte dit juste ce qu'il faut, s'interrompt jusqu'à la prochaine page, les illustrations sont magnifiques, les couleurs sont riches et joyeuses. Avec un coup de coeur particulier pour le soleil couchant.  

lundi 29 février 2016

Les aventuriers de la nuit, d'Anne Brouillard, Editions des Eléphants

Rêve et poésie du quotidien dans cet album d'Anne Brouillard...

Gaspard, son doudou Lapinus et la chatte sont perchés dans un arbre. 

Le jardin est vu par l'enfant: un terrain de jeu, un monde à explorer. L'enfant est un explorateur, comme Christophe Colomb, on l'imagine. De l'autre côté du jardin, la maison. Les parents. La journée se finit, la nuit tombe sur le jardin, on suit le regard de l'enfant et l'on ressent ses émotions. On rentre, on retrouve la sécurité, l'ambiance du soir est décrite. Jusqu'au coucher, jusqu'à la nuit, et jusqu'au matin, quand le jour revient. 

Une peinture réaliste par petites touches. C'est comme une madeleine, on reconnaît ces descriptions, on est Gaspard, le temps d'un instant.